Le jardin d'Hérondine

27 mars 2007

Oyez! Oyez! Nobles seigneurs et gentes dames!

Bienvenue dans mon jardin des simples. Je vous invite à redécouvrir les secrets des herboristes de jadis. Alors laissez-vous guider au travers des allées de mon jardin et de ma bibliothèque.

Retrouvez les plantes médicinales et leurs vertus, les principes de la médecine médiévale et laissez-vous charmer par leurs représentations tantôt réalistes, tantôt fantasques.

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09 mai 2007

Achillée millefeuilles

achillea millefolium          "plante de la St Jean"

Parties utilisées : feuilles (fraîches si possible ou en poudre)

Récolte : cueillez l'achillée au fur et à mesure pour l'utiliser fraîche, ou quand elle est en fleur pour la faire sécher.

Historique : Au Moyen Age, cette plante était très estimée. C'était une des bases de la pharmacopée populaire. Les ouvriers des cathédrales et les soldats en firent leur plante fétiche en raison de ses pouvoirs cicatrisants.

Propriétés : hémostatiques, coagulantes, cicatrisantes, anti-inflammatoires, calmantes mais aussi toniques

Usages : Dioscoride, médecin des légions romaines, conseillait d'écraser les feuilles et de les appliquer sur les blessures afin de stopper les hémorragies et de guérir les plaies. Pour le traitement des blessures même infectées, l'abbesse allemande Hildegarde de Bingen recommandait de "[laver la] blessure avec du vin, [de faire] cuire de l'achillée millefeuille dans de l'eau, [de presser] un peu l'eau et [d'envelopper] la plante chaude, très doucement, sur le pansement de la blessure. Cela débarrassera la plaie de la pourriture et de la suppuration, et la blessure guérira. [Répéter] l'opération aussi longtemps que nécessaire. Mais si la blessure se referme et commence à cicatriser, [jeter] le pansement et [appliquer] l'achillée sur la blessure nue, qui guérira encore plus sûrement et plus rapidement." Elle indiquait aussi : "Mais celui qui a reçu une blessure à l'intérieur de son corps, qu'il ait été battu à coups de bâton ou ait été déchiré intérieurement, broiera de l'achillée et boira cette poudre dans de l'eau chaude ; quand il ira mieux, il prendra cette poudre dans du vin chaud, et cela jusqu'à guérison." L'achillée était utilisée pour guérir les ulcères comme l'indiquait Nicholas Culpeper. Ses propriétés tonique et amère en faisaient aussi un bon stimulant digestif.

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Aconit

aconitum napellus

Parties utilisées : racines et feuilles

Récolte : en juin (attention, l'aconit est l'une des espèces les plus toxiques du monde végétal : un simple contact cutané peut provoquer des empoisonnements délirants)

Historique : Ses effets transcutanés ont fait de l'aconit l'un des constituant du célèbre onguent des sorcières avec la belladone, la datura, le pavot, la ciguë et la jusquiame noire. Cet onguent plongeait les sorcières dans un état second, créant toute sorte de fantasmagories : vol sur un balai, présence au sabbat, transformation en loup ou chat, etc. Cependant les démons et loups-garous craignaient l'aconit comme la peste et contournaient de loin les maisons dans lesquelles on avait suspendu des bouquets de ses fleurs fraîches.

Propriétés : redoutable poison (une infime quantité entraîne la mort)

Usages : Depuis des temps très reculés, l'aconit fut utilisée comme poison de flèches ou d'appâts. Cet "arsenic végétal" (Pline) était aussi une drogue officielle qui servait à exécuter les condamnés à mort. Elle fut également utilisée comme aphrodisiaque, bien qu'elle soit dangereuse.

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Angélique

angelica archangelica          "herbe aux anges" "herbe de Saint-Esprit"

Parties utilisées : racines, feuilles, graines et tiges

Récolte : La racine ne se récolte pas avant la fin de la deuxième année. Elle doit être lavée, coupée et séchée dans des endroits secs, légèrement chauffés en hiver. Les feuilles se ramassent dès leur apparition vers le mois de mai ou juin. On les sèche à l'ombre en bouquets suspendus. Les ombelles sont coupées pour récolter les fruits qui se détachent facilement vers le mois d'août. Les tiges sont récoltées à la fin de la première et de la deuxième années. A des fins magiques, l'angélique devait être récoltée quand le Soleil était en Lion et que la Lune s'apprêtait à former un aspect bénéfique, le samedi, et avec un rite particulier : le matin, on foulait contre le sol les tiges et les feuilles de la plante ; le soir, on ne coupait que celles qui ne s'étaient pas redressées.

Historique : C'est surtout pour ses propriétés contre la peste qu'on commença à cultiver dans nos régions "ce médicament merveilleux", cet élixir de longue vie. C'était le moyen de prévention par excellence contre la contagion. C'était la seule plante médicinale que les sorcières n'osaient pas toucher. Il suffisait d'en avoir dans son jardin ou dans un placard pour ne pas être accusé de sorcellerie.

Propriétés : Elle était réputée pour ses nombreuses propriétés médicinales et aussi pour ses vertus contre les poisons, venins et morsures de chiens enragés.

Usages : En cas de peste, les médecins devaient emporter avec eux des racines d'angéliques qu'ils devaient distribuer à leurs patients. Ils devaient également les utiliser pour se protéger quand ils visitaient les malades. Bien emmitouflés, ils devaient porter un collier de racines sous leur vêtement et en mâcher régulièrement un petit morceau. Les enfants devaient aussi porter autour de leur cou un collier de ses feuilles pour se protéger contre les maléfices et mauvais sorts. Suspendue en bouquets ou utilisées en fumigations dans les cérémonies d'exorcisme, elle chassait les diables les plus endurcis. Il fallait confir au sucre la tige et les grains, et les manger afin de se préserver "du mauvais air". En début de grippe, il fallait faire une fumilgation calmante avec des semences de préférence. Les feuilles et les racines calmaient la toux. Ses graines étaient employées comme insecticides et venaient à bout de la gale. Mélangé à d'autres herbes (entre autre, la mélisse), le jus de racines broyées servait d'ingrédient à "l'eau de carmélite", une boisson médiévale gage de longévité, censée soulager les migraines, favoriser la détente, neutraliser les poisons et protéger toute personne contre les sorcières et leurs maléfices.

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Armoise

artemisia vulgaris          "mère des plantes" "herbe de la Saint-Jean"

Parties utilisées : sommités fleuries

Récolte : A des fins magiques, il faut cueillir l'armoise juste avant l'aube, au matin du solstice d'été, à l'instant où la lune s'est déjà couchée et où le soleil n'est pas encore levé, la ceinture de l'herboriste doit être dénouée, et la cueillette doit se faire de la main gauche, en même temps que sont dites des prières, ainsi les herbes sont chargées d'influences spécifiques.

Historique : C'était la plante par excellence des femmes. Ses propriétés pour soulager les problèmes intimes étaient déjà connues à l'Antiquité. Un dicton dit même : "Si femme savait ce que vaut l'artémis, elle en porterait toujours entre peau et chemise..."  On croyait aussi qu'elle avait le pouvoir d'écarter la plupart des dangers qui menacent les humains. Celui qui a toujours sur lui cette herbe ne craint point le mauvais esprit, ni le poison, ni l'eau, ni le feu et rien ne peut lui nuire (Albert le Grand). Elle entrait aussi dans la composition des philtres propres à "dénouer l'aiguillette". La tradition voulait qu'on en portât soit en couronne sur la tête, soit en ceinture à la taille pour danser devant le feu de la Saint-Jean, puis qu'on la jetât ensuite dans les flammes afin d'être immunisé contre la maladie pendant l'année à venir.

Propriétés : emménagogues

Usages : Une infusion d'armoise favorise la venue et la régularité du cycle des femmes, tout en atténuant leurs désagréments. Un verre d'une infusion de vin blanc avec de l'armoise, du lierre terrestre et de la mélisse, pris à jeun chaque matin, dissipe les vapeurs. Au XIIIe siècle, les voyageurs recouraient aussi à l'armoise. Pour marcher sans fatigue, ils tenaient à la main un brin d'armoise et s'en faisaient une ceinture tout en marchant. En fin d'étape, un bain de pieds préparé avec une décoction de cette plante leur redonnait une nouvelle vigueur pour la poursuite de leur voyage (Albert le Grand).

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Aunée

inula helenium

Parties utilisées : racine

Récolte : Cultiver les racines la deuxième année de pousse (Les plus vieilles deviennent plus ligneuses). Couper les racines en morceaux afin de faciliter le séchage. La cueillette de l'aunée est conditionnée par la Saint-Jean. Cette plante quasiment magique bénéficiait dans certaines régions d'un rituel de récolte. Selon Albert le Grand, il faut la cueillir à jeun la veille de la Saint-Jean au mois de juin avant que le soleil soit levé, la faire sécher et la réduire en poudre avec de l'ambre gris. Selon un rite anglo-saxon, lorsqu'on procédait à la récolte, un couteau devait rester en contact avec la plante pendant 3 jours ou pendant une nuit et un jour, avant de l'arracher le soir, le tout accompagné de prières. La plante récoltée était déposée avec le couteau sur un autel et y restait jusqu'au lever du soleil.

Historique : C'est l'une des plantes médicinales les plus anciennement réputées. Les romains l'utilisaient afin de traiter l'indigestion. Pline l'ancien écrivait : "On ne doit pas passer une journée sans manger des racines d'aunée afin de favoriser la digestion ; d'éliminer la mélancolie et de déclencher les rires". Galien recommandait la plante comme un bon stimulant du nerf sciatique. Au Moyen Age, c'était une plante très appréciée. Hildegarde de Bingen la recommandait pour ses vertus thérapeuthiques, en particulier pour son action contre les affections pulmonaires. Les herboristes prescrivaient l'aunée pour traiter les toux, les bronchites et l'asthme. C'était le constituant principal de l'élixir médiéval appelé Potio Paulina.L'aunée était également très utilisée en médecine vétérinaire, surtout pour les chevaux.

Propriétés : antispasmodiques, digestives, fébrifuge, panacée des voies digestives

Usages : Contre les affections pulmonaires, Hildegarde de Bingen conseille une boisson composée de figue, d'aunée et de galanga. Elle indique également : "On conservera l'aunée toute l'année, séchée ou verte, dans du vin [...]. Qui souffre des poumons en boira chaque jour avant et après le repas, avec modération ; le breuvage ôtera le poison de ses poumons, c'est-à-dire le pus, supprimera la migraine et éclaircira ses yeux [...]. Cela est bon contre les affections du poumon. Mais si, outre la faiblesse des poumons, il y a encore d'autres maux, on ne boira point de ce breuvage, car il serait trop fort et blesserait." Selon Albert le Grand, il fallait porter de l'aunée pendant neuf jours sur son coeur, et en faire avaler à la personne dont on désire être aimé, et l'effet devait suivre.

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Bardane

arctium lappa          "herbe aux teigneux"

Parties utilisées : feuilles, racines et graines

Récolte : Cueillez les racines au premier automne ou au printemps suivant.

Historique : Cette plante était appréciée au Moyen Age pour ses valeurs culinaire et médicinale. (Ses racines sont comestibles.) Pour Hildegarde de Bingen, elle avait d'excellents effets pour réduire "les ulcères sur la tête" (tumeurs cancéreuses). La composition qu'elle préconisait était à base de "feuilles de bardane et d'écaille de tortue."

Propriétés : Au Moyen Age, la bardane était considérée comme la plante qui purifie le sang. Elle aidait le foie et les reins à désinfecter et nettoyer le corps d'acide urique, soignait les articulations touchées par les rhumatismes, l'arthrite et la goutte. Son efficacité était surtout reconnue contre les scrofules, la lèpre et la galle.

Usages : En lotion, elle était efficace pour soigner les maladies de peau. Les feuilles, écrasées et appliquées en cataplasmes, accéléraient la cicatrisation, soignaient les ulcères et les lésions cutanées, les furoncles, apaisaient douleur et enflure. Une autre utilisation courante au Moyen Age consistait à écraser les feuilles et les tiges pour combattre les morsures de vipère. En Europe, au XIVe siècle, on faisait macérer des feuilles de bardane afin d'obtenir un vin qui servait à traiter la lèpre.

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Belladone

atropa belladonna

Parties utilisées : feuilles, racines, baies et grains

Récolte : L'importance de la plante exigeait des précautions lors de sa cueillette. Un rite observé au Moyen Age voulait que le cueilleur soit en état de pureté le plus parfait qui ne se réalisait que par sa nudité complète. La cueillette avait lieu la nuit du Vendredi Saint ou la nuit de la Saint-Georges et était accompagnée d'offrandes de pain, de sel et d'épices. Il a parfois été question d'un sacrifice animal (poule noire).

Historique : La plante doit som nom latin à Atropos qui était, parmi les trois Parques, celle qui tranchait le fil de la vie des pauvres mortels. Quant à son nom de belle-dame, elle le doit au fait que le jus de ses baies écrasées servait de fard à joues et dilatait les pupilles. Au Moyen Age, elle constituait l'un des principaux ingrédients des breuvages et onguents des sorcières.

Propriétés : poison, possède les caractéristiques d'un stupéfiant.

Usages : On obtient le poison en distillant les feuilles et les racines fraîches ou séchées, mais en vérité toute la plante est vénéneuse. Néanmoins, elle était très utile pour soigner les mauvaises humeurs du ventre. Cependant il faut être prudent car la belladone peut provoquer de graves empoisonnements même absorbée en petites quantités. Les grains de belladone ne tuent pas (sauf en grandes quantités) mais provoquent des délires, hallucinations, cauchemars, tout en faisant suer et trembler. Le visage se congestionne et la personne souffre de nausées. En usage externe, Hildegarde de Bingen la préconise contre les névralgies et les tumeurs. Un onguent médicinal existait pour les plaies profondes : "prendre un peu de graisse d'oie, de cerf et de bouc, dans la mesure où on peut s'en procurer, et y ajouter un peu de suc de belladone [...] et en enduire légèrement les plaies" (Hildegarde de Bingen).

Les symptômes d'un empoisonnement à la belladone sont semblables à ceux d'une attaque et la mort est rapide. Après la mort, l'empoisonnement à la belladone est visible par : un ventre légèrement ballonné, la peau tâchée par des rougeurs surtout sur le visage et le cou qui prennent au toucher une consistance cireuse, les lèvres et la bouche sèches et les pupilles dilatées.

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Benoîte

geum urbanum          "herbe du bon soldat"

Parties utilisées : racine

Récolte : Récolter la racine au printemps.

Historique : Son nom vient de "bénite" et fait allusion à ses vertus particulièrement bienfaisantes. La racine servait à aromatiser des liqueurs. Elle a aussi été utilisée dans la fabrication de la bière, ajoutée ou substituée au houblon, pour rendre son goût plus agréable et l'empêcher d'aigrir.

Propriétés : fébrifuges, fortifiantes, elle soigne la dysenterie et soulage les panaris

Usages : "La benoîte est chaude et si quelqu'un en prend dans une boisson, elle l'enflamme de désir amoureux" (Hildegarde de Bingen). Hildegarde ajoute que la décoction de sa racine vient à point pour restaurer les forces d'un corps affaibli. Les "soldats du Bon Dieu" l'utilisaient pour nettoyer les lieux infectés par la présence des diables. D'abord, on procédait à des fumigations d'un encens spécial qui délogeait les mauvais esprits, puis la racine de benoîte brûlée dans une cassolette terminait la purification.

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Bétoine

stachys officinalis

Parties utilisées : feuilles

Récolte : Gardant "l'âme et le corps des hommes", la bétoine devait être récoltée au mois d'août, avant le lever du soleil, et surtout en proscrivant tout instrument en fer.

Historique : Au Moyen Age, la bétoine était considérée comme une panacée. Hildegarde de Bingen lui consacra un très long paragraphe. C'était également une plante sacrée. Pline rapporte que la bétoine était cultivée dans les maisons comme préventif contre les calamités religieuses, et qu'un serpent cerné par une tige de bétoine disposée en cercle ne pouvait s'évader. Il y eut même un traité de la bétoine, attribué à Antonius Musa (IVe siècle). Ce traité rapporte cette prière adressée à la plante : "Bétoine, toi qui as été découverte la première par Esculape ou par le centaure Chiron, sois favorable à mes prières. Je t'implore, herbe puissante, par celui qui a donné l'ordre que tu sois créée, et que tu serves à une foule de remèdes ; veuille aider à composer les 47 remèdes que voici." Albert le Grand rapporte que les nécromanciens de son temps employaient un hymne, attribué à Esculape, pour conjurer la bétoine qui servait à leurs opérations.

Propriétés : apéritives, astringentes, émétiques, expectorantes, purgatives, stomachiques. C'était le remède souverain contre les maux d'estomac, pour soigner les problèmes de reins, les poumons, les maux de tête, les vertiges et troubles de l'ouïe, la goutte et les menstrues trop fortes et irrégulières.

Usages : La plante était utilisée pour nettoyer les plaies infectées et accélérer la cicatrisation. Les cataplasmes de feuilles fraîches soignaient les ulcères. Les feuilles trempées dans du vin soignaient les ulcères variqueux. Des feuilles séchées, on tirait une infusion contre les catarrhes. Réduites en poudre et prisées, eles venaient à bout des rhumes et migraines rebelles. Les feuilles séchées et hachées étaient fumées comme du tabac. Hildegarde pensait que la plante pouvait rendre la raison aux hommes : "Si quelqu'un est tellement sot et bête que toute connaissance lui fasse défaut, il faut écraser de la bétoine et la mettre ainsi sur sa poitrine pour la nuit avec un linge par-dessus jusqu'au matin ; répéter souvent et il retrouvera de la connaissance." Elle lui accordait aussi d'autres pouvoirs : "Si un homme a été trompé par une femme ou une femme par un homme, grâce à des pratiques magiques ou a été victime de quelque tour de cette espèce, ou a été ensorcelé par des espèces d'incantations fantastiques ou diaboliques, si bien que l'homme ainsi envoûté brûle d'amour pour la femme ou la femme pour l'homme, il faut rechercher de la bétoine qui n'ait encore servi pour aucun médicament ou filtre car, si quelque drogue de cette espèce a été faite avec elle, celle-ci ne vaut plus rien pour la médecine puisqu'elle a été rendue inactive par les incantations. Quand on a trouvé, recueillir les feuilles, placer une feuille dans chaque narine, une feuille sous la langue, tenir une feuille dans chaque main, placer une feuille sous chaque pied et regarder la bétoine de toute la force de son regard de son corps ; répéter souvent jusqu'à ce qu'on aille mieux. On sera guéri de cette folie amoureuse, à condition de ne rien boire, rien manger ou rien introduire dans le corps qui puisse exiter cette passion." Pour les personnes sujettes aux cauchemars, elle indique aussi : "Qui est habituellement torturé par les mauvais rêves prendra de la bétoine avec soi en allant se coucher et pendant son sommeil, et il remarquera qu'il est moins sujet aux fantasmagories des rêves."

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